Les manifestations contre la guerre d'Algérie en 1960

Jusqu'en 1960, les manifestations contre la guerre d'Algérie ne rassemblaient que quelques centaines de participants, pour l'essentiel, des intellectuels qui dénonçaient la torture et les méthodes expéditives de l'armée française en Algérie2. Si beaucoup de ces intellectuels ont rejoint le Parti socialiste unifié (PSU), à cette époque, la première force anticolonialiste est le Parti communiste français3, mais, selon les mots de Jean-Jacques Becker, « sans conteste partisan de l'indépendance de l'Algérie… il soutient le combat mais ne s'y identifie pas »4.
Après la semaine des barricades à Alger, en 1960, les centrales syndicales CGTCFTCFO et FEN surmontent leurs divergences pour jouer alors un rôle de premier plan dans le mouvement pour la paix en Algérie5. Après l'échec des pourparlers de Melun menés dans l'été 1960 entre le gouvernement français et le GPRA, le syndicat étudiant UNEF prend l'initiative de contacter les organisations syndicales pour organiser de vigoureuses manifestations pour inciter le gouvernement à reprendre les négociations6. La première manifestation d'une certaine ampleur a lieu le 27 octobre 1960. Un meeting avait été autorisé à la salle de la Mutualité à Paris, mais des milliers de personnes, surtout des étudiants, qui ne peuvent pénétrer dans la salle se heurtent aux forces de police. Des cortèges qui se forment dans le quartier latin sont dispersés à coup de matraquage. Les violences policières touchent également des passants et des journalistes7. Selon Jean-Paul Brunet, la répression de cette manifestation révèle la partialité des forces de police qui réagissent beaucoup plus mollement face à des partisans de l'Algérie française7.

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