Aux origines du FLN

Aux origines du FLN

Le « Comité des six ». Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.
Les années 1940 voient tous les courants du mouvement national s'orienter vers l’indépendantisme. Le PPA-MTLD, qui constitue l’aile la plus radicale du mouvement, traverse une série de crises internes. Les « activistes », partisans de la lutte armée, forment dans ce but en 1947 une organisation paramilitaire clandestine : l'Organisation spéciale (OS), mais sans toutefois réussir à déclencher une insurrection. L'OS est démantelée par les autorités françaises en 1950 et une féroce répression s’abat non seulement sur ses membres, mais également sur les militants du MTLD. L'action du PPA-MTLD mène à une impasse politique. Pour sortir le parti de cette crise, certains des « activistes », dirigés par Mohamed Boudiaf, auxquels se joignent des membres du comité central du parti, les « centralistes », créent alors un Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA). En juin 1954, les « activistes » rompent à nouveau avec leur parti et se regroupent dans un « Comité des 6 » qui devient « Comité des 9 » ; ce dernier s’appuie sur le « groupe des 22 » du CRUA. Ils annoncent dans une proclamation du la création d’un « Front de libération nationale » (FLN) et informent que la date du 1er novembre marquera le déclenchement de la guerre de la Libération nationale.
L'objectif du FLN est la restauration de l’État algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques. Il s’adresse aux principales composantes du mouvement national : les principes islamiques des Oulémas, ceux démocratiques de l'UDMA, ceux sociaux du PCA et enfin ceux indépendantistes radicaux du PPA-MTLD. Les « centralistes » puis les oulémas et l’UDMA rallient le FLN au début de l'année 1956, suivis par les communistes dont leur groupe armé, le CDL, rejoint l'ALN en . Les partisans de Messali constituent le Mouvement national algérien (MNA) rival du FLN, et plusieurs organisations sociales sont placées sous la dépendance du FLN, tels le syndicat Union générale des syndicats algériens (UGSA) et l'Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA).
Les « ralliés », principalement les « centralistes » du PPA, représentent le courant politique du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA), créé en 1956. Les ex-centralistes du PPA et ex-dirigeants de l’UDMA vont occuper des postes ministériels dans le premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Toutefois, les communistes conservent leur propre organisation clandestine et ne participent pas aux luttes de pouvoir du FLN : ils se reformeront après l’indépendance alors que les messalistes, interdits de reformer leur parti, se font accuser de « traîtrise ». Les actions des Oulémas, centrées sur l’éducation religieuse et la langue arabe, se transforment après l’indépendance en un programme politique.

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