Force exemplaire de chaque nouvelle indépendance sur les colonisés
L'accession à l'indépendance de toute une série de nouveaux pays encourage les mouvements politiques
anti-colonialistes dans tous les pays d'outremer non encore indépendants : en 1946 les
Philippines, en 1947 l'
Union indienne et le
Pakistan, en 1948 la
Birmanie et
Ceylan.
C'est particulièrement l'accession à l'indépendance de l'Empire des
Indes, promise en pleine guerre par le Royaume-Uni, qui impressionne les
opinions des pays encore colonisés ou colonisateurs. L'Inde
britannique, connue par les romans de
Rudyard Kipling
et par de nombreux films ainsi que par sa surface imposante sur les
cartes des manuels scolaires, est imaginée comme un pilier de la
colonisation. Si le Royaume-Uni victorieux qui domine les mers
l'abandonne, comment imaginer que les colonies des autres pays puissent
être conservées ?
La division de cet Empire en deux états séparés — l'Union indienne dont
la population est en majorité de religion brahmaniste et le Pakistan
peuplé principalement de musulmans — qui ont accédé séparément à
l'indépendance démontre que la décolonisation n'a pas que des
avantages ; elle se traduit en effet par de terribles massacres, des
exodes massifs en ayant laissé subsister de terribles tensions et de
nombreux problèmes non résolus. Les massacres semblent éloignés et seule
subsiste l'image colossale des nouveaux états indépendants.
Les mouvements coloniaux militent, les uns pour l'indépendance (
Parti du peuple algérien (PPA) de
Messali Hadj en Algérie,
Viet Minh et Daï-Viet en Indochine), les autres pour l'autonomie (
Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de
Ferhat Abbas en Algérie,
Rassemblement démocratique africain (RDA) de
Félix Houphouët-Boigny
en Afrique noire française). C'est souvent en accédant à la conscience
politique et en retournant contre les pays colonisateurs leurs propres
valeurs que ces mouvements vont développer de la sympathie pour leur
action dans les opinions métropolitaines.
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